Marché forestier 2025 : forêts et bois, deux marchés interdépendants ?
En 2025, le marché forestier français et le marché du bois affichent une résilience confirmée, mais selon des logiques très différentes. L’un s’inscrit dans le temps long de la valeur patrimoniale de la forêt, l’autre répond aux cycles courts de la demande industrielle. Décryptage de cette interdépendance subtile — et de ce qu’elle implique pour l’investisseur averti.
Le marché des forêts en 2025
Le marché forestier français en 2025 apparaît solide mais plus sélectif, avec une forte dépendance à la qualité technique des massifs. Il reste soutenu par la demande institutionnelle sur les grandes surfaces et se caractérise par une hétérogénéité marquée des prix selon les régions, les essences et la structure des peuplements.
Fourchettes de prix observées en 2025
La dynamique de long terme demeure favorable. Les fondamentaux restent robustes, portés par la demande en matériaux biosourcés, la valorisation croissante des services environnementaux et l’attrait patrimonial de la forêt comme actif réel de long terme.
En 2025, le marché semble toutefois entrer dans une phase de stabilisation : les volumes de transaction restent soutenus, tandis que les valorisations deviennent plus sensibles à la qualité et à la localisation des actifs. Le marché continue d’être influencé par un déséquilibre entre une offre structurellement limitée et une demande en progression, particulièrement sur les massifs de taille significative.
Les signaux convergent vers un constat de résilience structurelle du marché forestier français. La forêt demeure un actif rare et patrimonialement attractif, cohérent avec les transitions économiques et écologiques en cours.

Évolution du marché du bois en 2025
Après les fortes tensions observées en 2022 et l’ajustement de 2023, le marché du bois en France aborde la fin de l’année 2025 dans une configuration plus stable. Malgré un environnement économique encore contraint, la demande reste solide pour les bois de qualité, notamment les essences nobles et un regain pour le résineux.
Cette stabilité s’appuie sur une progression marquée du bois français dans l’ensemble des filières : bois d’œuvre, bois d’industrie et bois-énergie. Le recentrage des approvisionnements sur le territoire national renforce la résilience de la filière et sécurise les débouchés des propriétaires forestiers.
Le bois d’œuvre : résineux en hausse, chêne en repli
Un début d’année 2025 marqué par une offre particulièrement faible a été suivi d’une remontée des volumes au second semestre (+12%), grâce à une mobilisation accrue des résineux — douglas, pin maritime et sapin pectiné — soutenus par des prix fermes. À l’inverse, le chêne a poursuivi sa phase de repli : ses volumes ont chuté de 15%, principalement provoquée par l’effondrement de la demande de merrains.
Stabilité pour la majorité des essences
La majorité des essences affichent une stabilité des prix, voire une augmentation pour les résineux. Seuls le chêne et le peuplier enregistrent une baisse notable — respectivement −13% et −18% — principalement liée à une contraction spécifique de leur débouché.
Quant à la demande globale, elle est restée ferme au premier semestre 2025, malgré une baisse du nombre moyen de soumissions par lot (3,64). Cette sélectivité accrue des acheteurs ne remet pas en cause la solidité de la demande, comme en témoigne la proportion élevée de volumes vendus. Source : Experts Forestiers de France

Deux marchés liés, deux logiques distinctes
Le marché des forêts et le marché du bois partagent les mêmes fondamentaux — la ressource forestière — mais obéissent à des logiques et des temporalités différentes.
Un marché de flux
Sensible aux cycles économiques, aux variations de la demande industrielle et aux arbitrages entre essences. Il réagit à court terme : les volumes, les prix et le nombre d’enchérisseurs fluctuent d’un semestre à l’autre.
Un marché de stock
Il s’inscrit dans le temps long, porté par des fondamentaux structurels — rareté de l’offre, demande institutionnelle, valorisation des services environnementaux — qui lui confèrent une résilience propre.
L’interdépendance entre les deux marchés est réelle : la valeur d’un massif forestier intègre son potentiel de production de bois, et la solidité du marché du bois conforte l’attractivité de l’investissement forestier via un Groupement Forestier d’Investissement. Mais cette interdépendance n’est pas mécanique.
Un propriétaire peut voir la valeur de son patrimoine forestier progresser sur dix ans tout en traversant des phases de repli sur le marché du bois, comme en témoigne la situation du chêne en 2025.
C’est précisément cette dualité qui fait de la forêt un actif singulier : à la fois actif réel de long terme et ressource productive exposée aux aléas du marché. Une raison supplémentaire d’aborder l’investissement forestier avec discernement, en tenant compte des deux dimensions simultanément.
Sources
- Pierre Aussedat — Analyse du marché forestier français 2025
- Experts Forestiers de France — Le marché du bois et des forêts en 2025
- SAFER — Données transactions foncières forestières
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